L’île de la Guadeloupe a beaucoup à offrir au-delà des photos de cartes postales de plages paradisiaques. La nature y est généreuse et permet de belles balades. La population locale est très accueillante; l’atmosphère est un mélange de France et d’Afrique où les gens prennent leur temps. La nourriture locale est généreuse et typique des Antilles.
J’y suis allée en décembre 2020, me précipitant sur une des rares destinations ouvertes en période de crise Covid-19. J’ai loué une voiture (ce qui me semble indispensable pour cette destination) et logé chez des particuliers.
Trois-Rivières
La première partie de ce voyage commence par Basse-Terre, terre volcanique à relief avec une flore verdoyante. Trois-Rivières est un bon emplacement pour rayonner sur cette partie de l’île avec une belle promenade de long de la côte et les îles Les Saintes en toile de fond.
Plantation Grand-Café et distillerie Longueteau
La plantation grand-Café est maintenant consacrée essentiellement à la banane bio que nous retrouverons dans nos étals en Europe. Cette culture est encore largement subventionnée pour concurrencer celles d’Amérique Centrale.
Une autre spécialité de la Guadeloupe est évidement son célèbre rhum, provenant de la culture de la canne à sucre, mais contrairement aux autres, l’entièreté du jus de celle-ci est utilisée pour la production. La distillerie Longueteau, toujours aux mains de la famille, est la plus ancienne de l’île. Petite dégustation à la fin de la visite.
Noël antillais traditionnel
Je passe le 25 décembre avec la famille de Roby à déguster le repas traditionnel. Je découvre que le boudin antillais se mange en expulsant la « purée », sans manger la peau de celui-ci… qu’on touche juste les aliments avec la purée de piment, ce qui suffit largement à faire de l’effet. Un moment de partage que seuls les voyages peuvent vous amener! La journée se termine en mode « Zouk »! Merci à eux pour l’accueil.
Volcan de la Soufrière
Un des points forts d’un voyage en Guadeloupe est l’ascension du Volcan de la Soufrière, toujours actif et point culminant de l’île avec ses 1.467m d’altitude. C’est un des points où il pleut le plus au monde; je suis chanceuse … le temps est largement découvert. Afin de pouvoir aller au plus près du volcan, je fais l’excursion en petit groupe avec une organisation locale.
Le trek qui compte un dénivelé de 500m commence aux Bains Jaunes où il est possible de faire trempette. On traverse la forêt, riche en biodiversité. Au fur et à mesure que l’on monte, la faune change et la fraicheur se fait sentir. Et tout en haut, on se sent petit face à ce spectacle de la terre qui gronde et crache sa fumée (ça pique aux yeux!).
Les Saintes
Les Saintes se situent à 30 minutes en ferry depuis Trois-Rivières. En haut du fort Napoléon, il y a une très belle vue sur l’île avec en toile de fond la Dominique et la Guadeloupe en entier. C’est très agréable de s’y promener avec de nombreuses maisons typiques en bois et de belles plages pour se reposer. Joli cimetière des pêcheurs où certaines tombes sont « juste » du sable cerclé de gros coquillages.
Deshaies et sa région
Au Nord de Basse-Terre se trouve la région de Deshaies et son célèbre jardin botanique, ancienne propriété de Coluche. Les plages sont dignes de cartes postales et les vagues impressionnantes! Après un petit arrêt à Pointe-Noire, je prends la route sinueuse de la Traversée, qui comme son nom l’indique traverse Basse-Terre de la côte Ouest à la côte Est à travers une forêt dense.
Malendure
Malendure est connue pour sa réserve Cousteau avec sa faune et flore sous-marines où les célèbres tortues viennent se nourrir.
Le Moule
Je passe de l’autre côté de la Guadeloupe vers Grands-Terre, plus exactement dans la petite ville Le Moule. Petit marché nocturne sympathique avec les spécialités locales.
Pointe-à-Pitre
Proche du centre de Pointe-à-Pitre se trouve le mémorial ACTe (Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage), installé dans un magnifique bâtiment. La visite est assez intéressante et interactive (photos interdites), et me rappelle le voyage au Bénin avec la « route des esclaves » à Ouidah d’où des milliers d’humains ont été déplacés par la force dans des conditions terribles, pour arriver dans cette région du monde et servir de “main d’œuvre” dans la culture de la canne à sucre.
La ville en soi n’a rien d’exceptionnel, mais beaucoup de bâtiments sont couverts de fresques en mode « street art ».
Nord de Grande-Terre
L’intérieur des terres de Grande-Terre est très différente de celles de Basse-Terre, respectivement île calcaire assez plate et île volcanique vallonnée. Tout au Nord se trouve la Pointe de la Grande Vigie et ses falaises. Petite promenade à Anse-Bertrand et Port-Louis et leurs magnifiques plages, petites bourgades éloignées des flux touristiques. L’océan y est bien agité pour le bonheur surfeurs.
Marie-Galante
Je prends le ferry à Pointe-à-Pitre pour me rendre à Marie-Galante et y séjourner deux jours. La traversée dure une heure. La location d’une petite voiture me permet à nouveau de visiter l’île très aisément.
Ici, la culture de la canne à sucre est omniprésente. D’anciennes sucrières ont été restaurées avec leur moulin, usine d’extraction, village des esclaves, maison du maître, … La distillerie Père Labat se visite seul avec possibilité de goûter des rhums de différents âges. Les plages sont superbes ; l’eau est turquoise. Le soir, on assiste au coucher de soleil, avec les Saintes et la Guadeloupe en toile de fond.
Petite-Terre
L’excursion vers Petite-Terre est très prisée mais vaut le déplacement. Comme le lieu est classé réserve naturelle, le nombre de visiteurs par jour est limité. J’ai opté pour la solution en grand catamaran, qui accoste près du rivage après deux heures de navigation. La promenade sur l’île est rapide et permet d’observer de nombreux iguanes. Mais le top de cette destination est l’observation de sa faune marine : petit requin, raies, poissons colorés, et des énormes tortues ! Le seul hic est que la batterie de mon appareil photo waterproof me lâche (dans un voyage cela arrive au moins une fois), mais les souvenirs sont gravés !
La région de Saint-Anne
En me rendant à Saint-Anne, je fais un arrêt à la maison coloniale du Moule qui était malheureusement inaccessible à la visite. Saint-Anne et sa région regroupent la majorité des grands complexes touristiques comme le Club Med, ce qui signifie également plus de monde. Mais il y a toujours moyen de trouver de petites plages plus isolées. Je termine la journée avec la Pointe des Châteaux où les vagues sont énormes et le panorama grandiose!
La Porte d’Enfer
En chemin, je m’arrête au cimetière des esclaves, sur une plage; il n’y a pas grand chose à voir mais cela permet de commémorer les centaines d’esclaves qui y ont été enterrés. L’analyse scientifique des ossements a déterminé l’âge moyen du décès vers 30 ans et des conditions de vie pénibles. Les esclaves représentaient 90% de la population dans cette région de l’île.
La Porte d’Enfer fait plutôt penser à un petit paradis. La promenade le long des falaises est splendide. Je ne pouvais pas partir sans goûter le menu classique, acras de morue et langouste grillée: un vrai délice!


























































































































































































































































































