L’île de Taïwan, également appelée République de Chine et surnommée Formosa par les Portugais en 1590, c’est-à-dire la Belle, est une destination à laquelle peu d’Occidentaux s’intéressent. Peut-être car le « made in Taïwan » est trop présent dans les esprits, résumant ce pays à son côté high tech. Et pourtant, au-delà de ses villes modernes, le pays est en grande partie couvert de végétations, chaînes de montagnes et côtes sauvages. Ce qui est frappant, c’est également la cohabitation entre modernité et culture ancestrale, entre influences chinoises et japonaises. C’est également une destination qui ravira les gastronomes, que ce soit dans les échoppes de rue ou les restaurants.
J’ai effectué ce voyage en novembre 2018 avec mon frère, qui s’y rend régulièrement pour des raisons professionnelles, et mon amie Elly Pauwels, également auteure de photos de ce reportage. Nous avons loué une voiture pendant une partie du voyage, utilisé les TGV locaux et logé dans des hôtels milieu de gamme.
Fulong
Après un long vol, nous nous rendons directement en train à Fulong, sur la côte Est de l’île, qui est la partie la plus sauvage.
Le Coaling Historic Trail est une jolie promenade offrant un beau panorama sur la mer. Proche de la gare se trouve un temple où les sujets sont tous habillés en jaune, priant avec des petits cris et des rires. Une soupe populaire est offerte. Nous reprenons un train (très froid car extrêmement climatisé) vers la ville de Hualien. Ici, ce sont les habitants qui amènent leurs ordures au camion poubelle alertés par une petite musique.
Taroko
Le parc national de Taroko et ses gorges est un haut lieu du tourisme à Taiwan. La région est couverte de marbre et de tunnels creusés lors de la période coloniale japonaise au début du siècle dernier. A certains endroits, le port du casque est obligatoire. De jolis temples sont accrochés à flanc de montagne.
La côte Est
Après avoir été réveillés par un petit tremblement de terre, ce qui arrive régulièrement dans ce pays, nous prenons en main notre voiture de location pour continuer notre descente de la côte Est de l’île. La force de l’Océan est impressionnante! Nous dépassons le Cap du Tropique du Cancer pour rejoindre l’île volcanique de Sanxiantai, accessible via un pont en forme de dragon. Les dames qui nettoient la plage sont gentiment remerciées par les passants.
L’intérieur du pays est montagneux et très vert, avec de nombreuses sources d’eau chaude.
Kenting
Kenting et son parc national est situé à l’extrême Sud de Taiwan. Des affleurements de grès sont sculptés par les éléments le long de l’océan.
Foguangsha
Nous commençons à remonter par la rive Ouest, beaucoup moins sauvage et plus peuplée. Le monastère de Foguangsha datant de 1949 est le plus grand de l’île; à nos yeux, c’est un peu kitsch. Le long de la route, se trouvent des toiles avec estampe.
Un peu plus loin se trouve le pont suspendu Duonagao. Le soir, nous sommes gentiment conviés à partager un karaoké qui est le loisir favori des Taïwanais.
Wutai
Wutai fait partie des villages aborigènes. Actuellement, 14 peuples sont reconnus, vivant à l’intérieur des terres, souvent de confession chrétienne. Les autorités ont enfin mis en place des structures afin de sauvegarder leur culture et leur langue.
Tainan
Tainan, l’ancienne capitale, est la première grande ville que nous visitons avec toute l’effervescence qui va avec. Une cérémonie religieuse a lieu au temple proche de notre hôtel: machine à pétards, musique et statues des divinités sont présentes.
Le soir, la ville reste très active. Les temples éclairés de lanternes ont un charme fou.
Tainan reste la capitale culturelle du pays avec ses temples. De nombreux vœux sont faits pour demander un bon travail et réussite aux études. Des dons sont faits également en brûlant de la fausse monnaie dans des fours. . Des rituels avec incantations et coups de fouet sur le sol nous impressionnent. Certaines portes en bois sont magnifiquement sculptées.
Un rituel que nous allons constamment voir est celui des blocs de divination en bois en forme de lune. Dans tous les temples, le bruit constant est au son de ceux-ci tombant sur le sol. Ici, une maman initie sa petite fille.
Nous assistons à l’entrée d’un temple à une cérémonie impressionnante. Un 4*4 arrive chargé d’une sono crachant un son à vous rendre sourd accompagné de pétards. Derrière, la danse des dragons. Un homme avec une épée en bois se frappe le front et le dos … le sang est bien réel. Ensuite les divinités sont extraites du char pour être entreposées dans le temple.
Nankunshen
Le temple de Nankunshen, très vivant, se trouve un plus au Nord. Ici également une cérémonie est en cours: danses, musiques et encens au programme. Les divinités sont passées de main en main à travers l’autel d’encens. Certains viennent bénir leur portefeuille. Un prêtre peint une divinité face à un miroir. Il faut reconnaître que c’est un peu compliqué pour nous de comprendre toutes les subtilités de la pratique de la religion ici.
Alishan
Alishan se situe à l’intérieur du pays à 2.200 m d’altitude. Nous prenons une ancienne ligne de train construite par les Japonais. La promenade dans la forêt offre des jeux de lumières superbes.
Le lendemain, nous nous levons à l’aube pour assister au lever du soleil à Zhushan. Il y a du monde car c’est un classique pour les familles taïwanaises. Des pics à plus de 4.000m s’élèvent devant nous!
Lac Sun Moon
Un autre lieu du haut tourisme à Taïwan est le lac Sun Moon.
Lukang
Lukang est une ville à taille humaine. De très beaux temples avec fresques sur les portes et la charpente en bois. Des donations parfois surprenantes comme un poulet.
Il est agréable de déambuler dans la vieille ville. Les habitants sont toujours très accueillants. Nous rendons la voiture et prenons un TGV vers Taipei: pas une seconde de retard.
Taipei
A 20 minutes du centre de Taipei en métro se trouvent les bourgades de Danshui et Beitou. On y trouve un petit port, l’ancien fort et les sources d’eau chaude à 57°.
Quelques scènes de vie dans le métro où parfois, même s’il y a du monde, tout se passe en toute sérénité.
La tour emblématique de Taipei en forme de bambou est nommée Tour 101. C’est la deuxième plus haute du monde avec ses 500 mètres de haut. Un oscillateur gigantesque permet à la tour de rester debout en cas de tremblement de terre. Une belle vue de la ville se mérite après avoir grimpé une colline avoisinante.
Découvrir Taïwan, c’est aussi découvrir ses marchés de nuit. Beaucoup d’animation dans les échoppes de restauration, des jeux, esthéticiennes, portraitistes et même des diseuses de bonne aventure. Les Taïwanais ont pour habitude de manger à l’extérieur vers 18h: la cuisine locale est un vrai régal.
Un peu à l’écart de la ville, se trouve le National Palace Museum. Patrimoine d’une richesse exceptionnelle provenant en grande partie de la Cité Interdite de Pékin … un des sujets toujours en litige avec la République Populaire de Chine.
Taipei détient également de très beaux temples et anciennes maisons chinoises. Il y a un aéroport en plein milieu de la ville (on se souvient de cet avion il y a quelques années qui pique malheureusement au-dessus de l’autoroute pour finir dans le fleuve faisant de nombreuses victimes).
Dernière promenade dans la ville avant de repartir. Il y a toujours autant de ferveur dans les temples, sous le bruit des lunes divinatoires en bois qui retombent sur le sol. L’immense place avec le mémorial de Chiangmai Kai Shek qui fut le premier président, mais aussi un peu dictateur à ses heures.














































































































































































































































































































































































































































