Cuba est une destination qui fait rêver. Elle est associée aux plages de rêve, à la musique, aux vielles voitures américaines, aux cigares, au mythe de Che Guevara, … Mais pour la plupart des Cubains, la vie est difficile depuis des décennies avec l’embargo américain. C’est donc le monde de la débrouille, mais toujours avec le sourire. Les Cubains sont chaleureux, toujours prêts à discuter, un brin dragueurs.
Devant faire des choix faute de temps, nous avons jeté notre dévolu sur l’Est de l’île qui est moins touristique que le reste de Cuba. Nous avons terminé avec l’incontournable capitale, La Havane. Notre séjour ne ressemblait certainement pas à d’autres, car Fidel Castro est décédé pendant notre séjour; l’ambiance était différente mais en même temps c’était un moment historique. Qu’il soit apprécié ou non, il faut reconnaître que cet homme a vécu mille vies en une!
J’ai effectué ce voyage en novembre 2016 avec mon frère et mon amie Elly Pauwels, également auteure de photos de ce reportage. Nous avons loué une voiture pendant une partie du voyage et avons logé chez les habitants dans des casas particulares.
Santiago
Après une courte nuit à La Havane, nous avons pris un vol intérieur pour aller à Santiago. Les cartes d’embarquement sont écrites à la main et des coqs voyageront avec nous! Les combats de coqs sont toujours d’actualité sur l’île.
Suite aux dégâts liés à l’ouragan Matthew, nous avons dû changer les plans et renoncer à la visite de l’extrême Est de Cuba.
Santiago est très agréable comme ville. La musique est partout. Une jeune fille fête ses 15 ans en robe de soirée; c’est une grande tradition dans le monde latino-hispanique pour marquer le passage à l’âge adulte. Proche du port, nous sommes invités à participer à une fête … cocktails, musiques et danses un peu collé-serré au programme. Les gens saluent à grand gestes un bateau de croisière qui accoste.
Au matin du 26 novembre, la nouvelle tombe: Fidel Castro est décédé dans la nuit! La télévision tourne en boucle, 9 jours de deuil national sont décrétés avec interdiction de musique et de vente d’alcool.
Nous continuons la visite de la ville avec ses maisons de style colonial. La ville est également le berceau de la révolution, avec l’attaque manquée de Fidel Castro contre la caserne de Moncada (impacts de balles encore visibles), le 26 juillet 1953 qui est commémorée par la fête nationale cubaine. Le wi-fi est toujours quelque chose de rare dans le pays: pour y avoir accès il faut acheter des cartes à gratter (minimum 2h d’attente), et pour trouver les points de connexion il suffit de suivre toutes les personnes agglutinées avec leur téléphone, en général dans des parcs.
Nous avons récupéré voiture de location et en avons profité pour visiter le Casillo del moro et son phare, forteresse qui commandait les entrées et sorties dans la baie de Santiago.
Biran
Biran, déclaré lieu historique national, est le lieu de naissance de Fidel Castro et de son frère Raùl. Créé comme une petite ville avec son école et son arène pour les combats de coqs par Angel Castro, le père et grand propriétaire terrien; à mon goût un petit air de Disneyland.
Pour la petite histoire, Fidel , comme son frère Raùl, est un des fils illégitimes que son père a eus avec une de ses domestiques. Il ne fut reconnu qu’à l’âge de 17 ans.
Banes
Banes fut fondée par des pionniers français en 1886. C’est ici que Fidel Castro épousa en 1948 sa première femme qui était une proche du dictateur Batista, l’ennemi juré de Castro! Le mariage ne dura pas longtemps.
Se promener dans cette petite ville très calme donne l’impression d’un petit bon en arrière dans le temps; beaucoup de calèches et vélos, de jolies maisons en bois qui appartenaient à la compagnie américaine United Fruit, propriétaire des grandes exploitations avant la révolution. Les magasins d’état où il est possible de s’approvisionner avec des bons semblent assez vide de marchandises.
Les gens font la queue pour rendre hommage à Fidel Castro. Un groupe de musique répète dans une bâtisse à l’abandon pour une cérémonie.
Campagne et plages
Quelques photos prises en cours de route dans la campagne. Le cheval reste un moyen de transport très utilisé.
Cuba est surtout renommée, à juste titre, pour ses plages. Nous en avons trouvé une où nous sommes comme seuls au monde.
Gibara
La petite ville paisible de Gibara en bord de mer semble avoir été arrêtée dans le temps. La fabrique de cigares s’observe depuis les fenêtres de la rue. Evidemment, les programmes de télévision tournent en boucle avec des images de Fidel Castro. Une promenade en haut de la colline est récompensée par une belle vue; des habitants préparent des repas qui peuvent être achetés.
Holguin
Holguin est une ville vivante et animée mais sans réel point d’intérêt. Les magasins ressemblent un peu à ceux de « Martine fait ses courses » des années 50. Les infirmières cubaines ont un look a faire pâlir d’envie les nôtres. Les bus locaux pour les petits déplacements sont en général des camions aménagés souvent bondés.
Bayamo
Bayamo est une petite ville agréable hors des sentiers battus. Tout au long de la route, des ouvriers s’affèrent à désherber les abords. Ce sera en effet un point de passage du cortège funéraire de Fidel Castro parti de La Havane pour rejoindre Santiago qui est retransmis à la télévision en direct. Dans la ville même, les pots de peinture sont de sortie histoire de « rafraîchir ».
Pour la petite histoire, à l’entrée de la ville la police arrête notre voiture et demande à voir nos photos. Ouf, nous n’avons pas dû les effacer!
Nous avions prévu d’aller visiter la région de La Sierra Maestra. Mais étant donné que le cortège funéraire doit arriver au soir à Bayamo, nous avons préféré jouer la prudence pour ne pas se retrouver bloqués hors de la ville. Nous avons donc passé la journée à flâner et observer les préparatifs: derniers coups de pinceau, accrochage de drapeaux aux arbres, balayage de la Place de la Révolution,… Des gens partent en camion rejoindre les bords de route où le convoi passera.
Petit à petit les gens arrivent et semblent vraiment touchés; depuis le décès, nous constatons que les personnes plus âgées sont vraiment peinées, la larme à l’œil devant les programmes d’hommage à la télévision. L’attente va être longue … très longue.
Et quand le cortège avec les cendres de Fidel Castro arrive, c’est tout un peuple qui crie « I soy fidel! » … « Je suis Fidel! ».
Camagüey
Nous avons repris la route vers Camagüey où nous laisserons la voiture. La ville est surnommée la « ville des églises ». Son centre ville de l’époque coloniale est très agréable avec ses ruelles, ses places et ses maisons à patio.
La Havane
Après un trajet de plus de 8 heures dans un bus tellement climatisé que nous avons eu bien froid, nous voilà à La Havane, la capitale de l’île, pour nos derniers jours. La période de deuil est levée; musiques, danses et alcool se retrouvent de nouveau dans les rues.
Le classement de la vieille ville au patrimoine mondial de l’UNESCO a permis des investissements pour restaurer de nombreux bâtiments. La ville a une architecture coloniale exceptionnelle; palais, places, arcades, balcons ouvragés, patios,… et bien sûr la distillerie de Havana Club et les vieilles voitures américaines colorées. Revers de la médaille: La Havane est devenue très touristique; les « croisiéristes » Américains sont de retour avec leurs dollars en poche et l’atmosphère s’en ressent. Depuis ce voyage, le président Trump est revenu sur toutes les avancées d’Obama sur le réchauffement des relations de ces deux voisins, dont l’interdiction des accostages des croisières américaines à Cuba.
Les enfants des écoles avoisinantes viennent faire leurs cours de gymnastique sur les grandes places historiques de la ville au milieu des touristes; jeu du foulard et du Renard qui passe à gogo.
Un peu d’art cubain!
Comme souvent dans les villes touristiques, il faut s’éloigner du centre pour découvrir une vie plus populaire. Ici, les immeubles sont rongés par le climat tropical et le temps qui passe; la population y est accueillante. Des camions viennent fournir l’eau potable aux habitants. Tout se répare ici en mode système D. Le temps semble suspendu!




























































































































































































































































































